08/02/2011 à 09h25
Ce lundi, invitée par le Parti Social Démocrate Finlandais à participer au lancement de la campagne des législatives notamment autour des thèmes de
l'éducation, de la justice sociale, de l'Etat providence, Ségolène Royal en profite pour écouter et apprendre de ce modèle finlandais qui réussit.
Arrivée Dimanche à Helsinki, Ségolène Royal a d'abord été reçue à diner par la présidente de la République de Finlande, Tarja
Halonen.
L'échange politique avec la présidente finlandaise a porté sur l’Etat providence, un modèle que le Parti social-démocrate finlandais soutient et qui permet à
l’Etat finlandais d’avoir un service public de l’Education parmi les plus performants du monde. Dans un message publié sur Facebook, Ségolène Royal explique que la droite ne pouvant
attaquer frontalement un modèle qui demeure très populaire, propose donc, sous couvert de le rendre plus efficace, d’introduire la notion de services publics à but lucratif…
Un moyen qui nous ramène à ce que tente de faire Nicolas Sarkozy en France, livrer peudo-réforme après pseudo-réforme des pans entiers de la sécurité sociale
aux assurances privées.
Nicolas Sarkozy aura commencé avec la branche maladie et la taxe sur les malades que sont les franchises médicales, puis enclenché la vitesse supérieure avec
la déconstruction des retraites. Et Nicolas Sarkozy s'apprête à faire de la dépendance un nouveau marché pour les assurances privées au détriment de la solidarité nationale.
Pour Ségolène Royal, le lundi a commencé par une conférence de presse en compagnie de la présidente du Présidente du Parti Social Démocrate, Jutta Urpelainen,
au cours de laquelle les 2 femmes ont repondu aux interrogations de la presse finlandaise, concernant notamment la montée des populismes en Europe : la socialiste française a expliqué que
"le seul moyen d’enrayer le populisme est de tenir les promesses faites lors des campagnes électorales".
Ségolène Royal a ensuite enchainé les visites sur 2 volets, d'une part l'éducation, avec un service public qui fait la réussite du modèle finlandais et
l'economie avec des visites d'entreprises et des rencontres avec les syndicats notamment avec Mikko Maenpaa, le responsable de l’un des principaux syndicats, le STTK (plus de 600 000
adhérents). Un syndicaliste qui trouve que Ségolène Royal pose décidemment beaucoup de questions :
A propos du modèle éducatif finlandais, Ségolène Royal écrit dans une lettre envoyée d'Helsinki:
"Je me suis d’ailleurs ensuite rendue dans une école primaire d’un quartier populaire d’Helsinki, en compagnie de Tuula Haatainen, ancienne ministre de
l’Education et actuelle adjointe au maire d’Helsinki. Au cours d’une réunion de travail, les professeurs et la direction de l’école nous ont présenté les caractéristiques du système
scolaire finlandais qui en font l’un des meilleurs du monde.
Je dirais que tout tient dans cette définition donnée par les éducateurs eux mêmes « l’enseignement dans un environnement positif et sécurisé où
chaque élève est considéré et respecté ».
En Finlande, pas de notes jusqu’à l’âge de 15 ans. Les élèves qui entrent dans la vie scolaire à l’âge de 7 ans (après les années de maternelles) sont évalués
régulièrement par leurs professeurs, d’abord oralement, ensuite par écrit, mais sans que cela donne lieu à classement. C’est en réalité la classe et les professeurs qui s’adaptent à
chaque élève et non l’inverse. Les programmes sont définis nationalement mais leur mise en œuvre et l’organisation sont soumises à libre appréciation et à la responsabilité des
équipes.
Les classes comptent en moyenne 18 élèves et pour les enfants issus de l’immigration, des classes spéciales leur permettent pendant un an d’apprendre le
finlandais avant de rejoindre le cursus normal.
Le taux de réussite scolaire est très important. 75% des élèves accèdent à l’enseignement supérieur. Et une année transitoire est offerte à ceux qui ne sont
pas encore au niveau.
C’est l’une des raisons principale de la compétitivité de l’économie finlandaise."
Mais même à Helsinki, même sur fond de chorale d'écoliers finlandais, Ségolène Royal n'échappe pas aux questions sur les sondages et les
personnes :
"Mon objectif, c'est d'être utile aux Français, c'est de parler juste. Je ne m'occupe pas de cela [les sondages], j'avance, je construis patiemment mais avec
beaucoup de détermination.
Je ne me préoccupe pas des conflits internes, cela ne m'intéresse pas."
Interrogée par David Doukhan sur un éventuel isolemment au PS, Ségolène Royal répond :
"C'est ma marque de fabrique, je ne serais pas la candidate de l'appareil".