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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 21:44
egalite-reelle.png

 

Ségolène Royal interviendra lors de la convention du PS pour l'égalité réelle:  
Samedi  11 décembre.

Halle Freyssinet,
55 bld Vincent Auriol,
Métro  Bibliothèque, Chevaleret ou Quai de la gare

Ségolène Royal présentera sa contribution :

"Faire de l'emploi des jeunes une
grande cause nationale"

que vous pouvez consulter en cliquant ici
 
Si vous souhaitez participer à cette Convention, merci de vous inscrire par
Email auprès d'Alain, à la Fédération de Paris : alain@ps-paris.org.


La Convention pour l’Egalité réelle, présidée par Benoît Hamon, rassemblera samedi 11 décembre prochain les militants et sympathisants socialistes afin d’adopter un texte traçant les grandes orientations politiques des socialistes pour construire une société basée sur l’égalité réelle entre les citoyens.
 
 
D’ici décembre, nous allons débattre et échanger afin de construire ensemble ce projet, dont la démarche est résumée par ce schéma:
 
File 63027
 
 
Le mode d'emploi de la Convention, par Benoît Hamon

 
Chats, groupes de discussions sur la coopol, sondages en ligne: vous avez la parole!

Du 3 au 10 novembre, 7 chats chats ont été organisés sur le site du PS avec les responsables politiques chargés d'une thématique sur la Convention Egalité réelle. L'occasion, pour les internautes, d'interpeller les secrétaire nationaux sur les points clés du texte. En parallèle, plusieurs sondages seront lancés sur le site du PS sur chaque thématique de la Convention.
 
Des sondages en ligne vous permettront de vous prononcer sur la hiérarchie des propositions, et de nous dire lesquelles devront être mises en oeuvre en premier.
Les différents ateliers thématiques sont également présents sur la coopol. Chaque groupe dispose d'un rapporteur officiel chargé de présenter une synthèse des débats au bureau national le 1er décembre, et lors de la Convention nationale du 11 décembre.
 
Pour participer, rejoignez les groupes « Convention Egalité réelle » et utilisez les espaces « forum » sur la Coopol. Vous pouvez également envoyer vos contributions et remarques à conventionegalite@parti-socialiste.fr.
 
Cinq ateliers ont été mis en place à la rentrée
Pour chacun, vous trouverez sur la Coopol une présentation rapide des questions qui y seront abordées. Vous avez la possibilité ainsi de poster vos contributions avant que les ateliers ne commencent leur travail de synthèse.
 
A partir de début septembre, ces ateliers vont travailler à produire une note de synthèse sur la base des auditions qu’ils auront effectuées et des contributions envoyées par les militantes et les militants.
 
Les thèmes de ces ateliers ont vocation à permettre un travail commun aux secrétaires nationaux investis dans la convention Egalité réelle. Les thématiques sont donc transversales :
 
Deux contributions spécifiques vont être réalisées pour compléter les travaux de la convention.
 
Le calendrier
Le rapport final, écrit fin octobre, fera l’objet d’un débat en Bureau National du 2 novembre, puis en Conseil National du 9 novembre et sera ensuite soumis au vote des militants. Cette période de vote sera à nouveau l’occasion d’organiser des débats dans les fédérations et les sections. La convention adoptera le texte définitif le 11 décembre.
Pour accéder au site du PS: cliquez ici


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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 08:29
 

Une fois encore, Ségolène Royal casse les codes !

Une fois de plus, Ségolène Royal témoigne une grande témérité et une remarquable adéquation avec les analyses populaires. 2012 sera une campagne de tempéraments et non pas une programmation d'ambitions personnelles dans un éventail de pistes de carrières.

La donne à gauche vient de basculer.

En période de crise, un candidat doit "mouiller la chemise" dans la durée sur les territoires et non pas se prêter au jeu des "j'irai, j'irai pas ...".

En 24 heures, Ségolène Royal vient de modifier le contexte du jeu de DSK.

Elle l'a fait à sa manière avec le pastel de l'expérience. Il est clair que la leader socialiste ne prendra pas de postures de nature à lui faire endosser l'habit de l'agresseur. Mais il est tout aussi clair que la sage discipline d'arrière plan n'est pas sa cour.

La présidentielle s'accèlère. Les remarques de timing formulées par Ségolène Royal sont frappées d'un extrême bon sens.

En temps de crise tout particulièrement, une présidentielle ne se joue pas. Elle se livre dans la clarté et en retroussant ses manches.

 

Ségolène Royal dans le 20h de France2 mardi 30 novembre :



Ségolène Royal : le rendez-vous avec le peuple de France ! ...par Philippe Allard 

Inutile de convoquer la presse, inutile d’en faire un événement médiatique, pas besoin de caméras, de nombreux journalistes, pas de cela entre nous, car le rendez-vous était pris depuis longtemps entre Ségolène Royal et le peuple de France. 

En 2007, n’avait-elle pas promis : " quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas " … La candidate de la gauche, et un peu plus, s’y était engagée et la promesse est tout simplement tenue, elle est au rendez-vous de l’Histoire.

 C’est d’ailleurs directement au peuple de France qu’elle s’adresse « nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrès … pour relever la France".

Tout est dit dans cette simple phrase, sa volonté politique pour mettre fin à une période peu glorieuse, sa volonté de construire autre chose, sa volonté d’espoir et de progrès.

Alors que certains voudraient se compter et convoquent les médias, alors que d’autres espèrent exister, alors que quelques uns sortent déjà leur calculette pour se construire un programme, parlent de gestion, de programmation, d’efficacité, d’exemplarité, de nécessité, de conjoncture, oubliant toujours et encore dans ces beaux programmes en papier glacé, les hommes et les femmes, ce peuple de France .

  Surtout pas de cela pour ce rendez-vous là. Ce rendez-vous attendu par toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ces mots, de ces chiffres, de ces beaux discours de campagne, de ces équipes de salon qui peuvent pour les intérêts de ceci ou de cela accepter un plan social sans mot au nom des intérêts des autres, de ce mur de l’argent qui fera toujours dire qu’on ne peut pas, qu’on ne peut rien.

Espoir d’autre chose, un espoir s’est levé pour ce jeune, pour cette femme, pour cet homme et pour changer la France, avec la volonté d’y croire, avec la volonté d’avancer, la volonté d’agir malgré les considérations, malgré les difficultés, malgré les handicaps, cette rage de bâtir pour plus de justice.

 Nous sommes au rendez-vous, enfin … car ça suffit !

 

 Philippe Allard

 

Ségolène Royal sur France Inter :


Ségolène Royal a estimé que Dominique Strauss-Kahn serait "un bon chef de gouvernement". La présidente socialiste du conseil régional de Poitou-Charentes a par ailleurs déclaré qu'elle avait consulté le président du FMI "le 18 novembre", avant d'annoncer sa candidature aux primaires de son parti.



Invitée sur France Inter mardi, Ségolène Royal a dit former une "alliance fraternelle" avec Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry en vue de l'élection présidentielle de 2012. "J'ai dit que le moment venu je verrai avec Dominique quel est le meilleur 'dispositif gagnant' s'il revient", a affirmé la présidente PS de la région Poitou-Charentes, qui a annoncé sa candidature aux primaires de son parti lundi soir. "S'il ne revient pas, il sera de toutes façons indispensables à notre équipe. Il est le meilleur chef de gouvernement que nous pourrions avoir", a-t-elle ajouté.

  • les tweets live de segoleniste

    • Allez on zappe, c'était court quand même ... #fr2 #Royal2012

    • "Moi je veux faire gagner la gauche !" Ségolène Royal sur #fr2

    • Ségolène Royal a parlé de sa candidature à DSK . #fr2 #Royal2012

    • Les français veulent savoir ce qui va changer si les socialistes arrivent au pouvoir ! Ségolène Royal sur #fr2 #Royal2012

    • Ségolène Royal au 20h de France 2 maintenant ! #Royal2012


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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 07:35

20 Minutes.Fr

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POLITIQUE - Elle explique déjà voir la droite en campagne...

Ségolène Royal a annoncé sa candidature aux primaires du Parti socialiste, selon une proche de la présidente du Poitou-Charente, contactée par 20minutes.fr. L'ancienne candidate à la présidentielle rejoint donc Manuel Valls et Arnaud Montebourg sur la liste des candidats déclarés.

Elle explique ce choix dans une interview accordée à la Nouvelle République et à Centre Presse, datés de ce mardi. Selon le site de Centre Presse, elle y explique: «J’ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d’avancer dans la clarté et la simplicité», annonçant son intention d'être candidate. «Je sais d’expérience qu’il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Qui ne voit que la droite est déjà en campagne, d’ailleurs elle ne s’en cache pas», ajoute-t-elle.

«Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire economique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à la rencontre des Français, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent. Écouter les Français - ils l’ont si peu été ces derniers temps alors qu’ils ont tant à dire ! - Pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensembles prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrès pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France», poursuit-elle également.

 
  O.R.
  Source
 

C'est dans une interview à la Nouvelle République et à Centre Presse que Ségolène Royal a annoncé sa candidature aux primaires socialistes. Voici en intégralité l'interview à paraitre demain.

 

 

A la Nouvelle République nous vous suivons quotidiennement depuis plus de vingt ans ; en 2004 vous remportez la Région Poitou-Charentes haut la main et, depuis, vous avez choisi de faire de ce territoire un laboratoire d'idées : après l'excellence environnementale, la croissance verte. Ces thèmes sont-ils transposables à l'échelle d'une nation?

C'est évident, surtout quand les idées se traduisent en actions efficaces. Regardez le succès du pôle d'excellence des industries écologiques. Toutes les PME de ce secteur créent des emplois . Nous avons gagné le combat de la voiture électrique dont les prototypes sortent des chaînes d'Heuliez, usine dont j'ai empêché la délocalisation en entrant avec la région à son  capital. De nombreux autres exemples peuvent illustrer la réussite des entreprises qui innovent comme je l'ai prouvé en remettant il y a trois jours les trophées de la croissance verte à dix entreprises industrielles d'avenir pour lesquelles la region a mobilisé des financements intelligents et de la formation professionnelle. Vous imaginez la puissance de développement si l'Etat apportait une impulsion, une banque publique speciale PME, une fiscalité adaptée, un encouragement clair aux énergies renouvelables, à l'éco-habitat, aux procédés innovants, à la valorisation de la bio masse, aux circuits courts en agriculture etc...Appuyée sur la preuve par l'action, je defends la volonté de faire de la France la première puissance écologique mondiale, calculée par habitant.  

 

2. En 2010, lors de votre second mandat à la présidence du conseil régional  vous avez été la seule, en France,  à fédérer sur l'échiquier politique une alliance qui a réuni de la gauche radicale aux centristes humanistes. Cela a payé, vous avez été élue avec + de 60% des voix. Cette nouvelle composition est-elle possible pour gagner contre la droite  en 2012 ?

Oui il faut rassembler le plus largement possible autour d'un projet de gauche et écologiste.

Et créer les conditions d'un élargissement de cette alliance entre les deux tours. La gravité de la crise sociale, morale, économique, le recul de l'impartialité de l'Etat et de la séparation des pouvoirs, l'explosion des déficits, la montée de la misère, le recul de toutes les sécurités, tout cela exige des réformes difficiles et donc une majorité large capable de réaliser un programme crédible, porteur de confiance, de justice et d'espérance. Notamment pour les jeunes avec un pacte de confiance national pour l'emploi des jeunes qui doit être une grande cause nationale, en conditionnant les aides aux entreprises à l'obligation de prendre des jeunes en emploi, en alternance, en apprentissage. Le service civique doit être aussi puissamment développé : par exemple, je viens de signer avec Martin Hirsh pour cinq cents à deux mille places dans ma région.

 

3. Etes-vous celle qui peut porter ce projet de rassemblement en vous positionnant comme la candidate la mieux placée dans un dispositif gagnant?

C'est le vote de tous les Francais qui viendront s'exprimer dans les primaires qui dira qui est le mieux placé pour gagner et pour changer. Les conditions d'un bon déroulement des primaires viennent d'être posées par le PS et c'est tout à son honneur. Nous l'avons promis, les militans l'ont voté, nous le faisons. Il n'y aura pas de guerres des chefs, les Francais ne nous le pardonnerai pas. Ce sera un débat de qualité tourné vers les problèmes à résoudre et dans un bon esprit qui entraînera l'union de tous les responsables socialistes autour de celui ou celle qui sera ainsi désigné. C'est ce mouvement démocratique inédit qui donnera envie à d'autres forces de nous rejoindre et aux électeurs de venir voter. Car le doute est profond envers l'efficacité de la politique, les gens ne savent pas clairement ce que les socialistes feraient et donc l'abstention est un vrai risque.

 

4. Laurent Fabius a déclaré, hier dimanche, sur Soir 3 politique, que le calendrier des candidatures aux primaires était fixé en juin 2011 pour tout le monde y compris pour DSK, qu'il soutiendra s'il se présente.  Les choses se précipitent, certains n'ont pas attendu cette date butoir comme Walls et Montebourg  récemment.  Etes-vous, Mme Royal, candidate aux primaires du parti socialiste ? 

 

J'ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d'avancer dans la clarté et la simplicité : ma réponse est oui. Je sais d'expérience qu'il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler.

 Qui ne voit que la droite est déjà en campagne et d'ailleurs elle ne s'en cache pas. Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire économique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à la rencontre des Francais, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent.

Ecouter les Francais - ils l'ont si peu été ces derniers temps alors qu'ils ont tant à dire! - pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrés pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France.

 

 
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 08:26
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 08:09

 

 


 

"Mes chers amis, mes chers camarades,


 

 

Je suis très heureuse de vous retrouver autour de George Papandreou. Je salue les personnalités présentes ainsi que tous les chefs de délégations et tous les congressistes. Nous sommes heureux de vous accueillir à Paris pour ces travaux de notre Internationale socialiste qui sont toujours passionnants, amicaux, chaleureux.

 

Nous partageons les même valeurs dans ce monde déséquilibré : il n'y a pas de progrès humains sans justice.

 

Permettez-moi de féliciter George pour sa belle victoire lors des récentes élections grecques. Nous savons tous le combat qu'il mène avec courage, avec constance, pour redresser son pays. Dans des circonstances qui ne sont pas faciles, il a posé à ses compatriotes la question de confiance. Et ils t'ont répondu, cher George, que c'était avec toi qu'ils voulaient continuer le chemin.

 

Les valeurs qui ont émergé dans ta campagne sont celles qui doivent désormais prévaloir dans l'action publique : la vérité, le courage et la justice. Ce sont ces valeurs qu'il faut demander aux membres de G20 de défendre

 

Il y a trois jours, se réunissait à Séoul le 5ème Sommet du G20. Il a fallu la violence de la crise financière pour que renaisse le G20, sous une forme mieux adaptée au temps présent. On a enfin compris que le monde d'aujourd'hui ne pouvait plus être gouverné comme avant. Que les cartes de la puissance économique et politique avaient été largement redistribuées. Que, pour le dire vite, le Nord sans le Sud, ça ne marchait pas. Qu'aucun pays, de nos jours, ne pouvait se prétendre le centre d'un univers multipolaire. La tempête financière a accéléré les choses et cela au moins est désormais acquis.

 

Je voudrais vous dire ici quelques mots de deux sujets qui ont été abordés à Séoul.

 

Le premier concerne le système financier et l'ambition régulatrice qui s'était, en 2008, exprimée avec force. Le Sommet a d’ailleurs entériné les propositions du Comité dit de Bâle 3 concernant les règles prudentielles qui vont s'imposer aux banques.

 

Le second a trait à cette « guerre des monnaies » que se livrent en ce moment l'Amérique et la Chine. Elle était, à Séoul, au centre de toutes les préoccupations car ses retombées n'épargnent aucun pays et aucun peuple.

 

 

I.- La régulation du système financier

 

Vous vous souvenez sans doute des deux premiers G20 de crise, celui de Washington et celui de Londres. Il fallait parer au plus pressé. Renflouer d'urgence des banques qui avaient joué avec le feu. Mettre en place des plans de relance pour atténuer l'impact économique et social de l'implosion financière. Bâtir des régulations capables d'encadrer cette finance devenue folle et surtout de prévenir la répétition des mêmes erreurs.

 

Finis, nous disait-on alors, ces bonus extravagants qui poussaient les traders à prendre des risques inconsidérés. Finis les paradis fiscaux. L'heure était à la moralisation du capitalisme et à la réaffirmation de la puissance publique.

 

Qu'en est-il deux ans plus tard ?

 

L'heure est désormais aux plans de rigueur, fût-ce au détriment de la croissance. Or ce qui importe, ce n'est pas la rigueur pour la rigueur. Ce qui importe, c'est le contenu des sacrifices lorsqu'ils sont nécessaires, comment ils sont repartis, et comment la justice sociale est prise en compte.

 

L'heure est aussi au retour du « moins d'Etat » dont pourtant on a vu les dégâts.

 

La chasse aux déficits publics, certes nécessaire mais qui n'est pas une fin en soi, est faite sans voir qu'ils viennent, avant tout, de l'impact de la crise et de l'atonie de la croissance, du moins en Europe. Pourtant le Brésil montre que la recherche des équilibres budgétaires peut être menée tout en luttant contre la pauvreté.

 

Loin d'avoir tiré d'utiles leçons de la faillite de son modèle en 2008, une droite dogmatique et revancharde se sert aujourd'hui des conséquences de la crise sur la dette et du chantage des marchés financiers pour radicaliser ses politiques néo-libérales

 

Force est de constater que les institutions financières à l'origine de la crise, vite requinquées grâce aux injections massives d'argent public, sont non moins vite revenues à leurs moeurs d'antan, aux dérives qui ont provoqué la crise.

A nouveau, les bonus ont explosé. Là où on les plafonne, mille et une ruses contournent aisément l'obstacle.

Il reste toujours de nombreux territoires fiscalement paradisiaques accueillant toujours autant d'institutions financières ayant pignon sur rue, de fonds de pensions et de champions en tous genres de l'optimisation fiscale.

Les mastodontes « too big to fail », ces établisements dits « systémiques » (parce que leur chute, du fait de leur taille, pourrait à nouveau provoquer une crise globale) n'ont toujours pas fait l'objet, comme on l'a vu à Séoul, de dispositions prudentielles adaptées à leur spécificité. Il se pourrait même qu'un des effets paradoxaux de la crise financière soit - restructurations, rachats et concentrations aidant - la constitution de groupes plus gigantesques encore. Cela serait très dangereux

 

Il faut regarder les choses en face : sans nier quelques progrès ni sous-estimer les nouveaux outils à la disposition des autorités régulatrices, l'occasion historique d'accomplir une réforme en profondeur n'a pas été saisie.

 

Ce sera un combat au long cours que d'instaurer les règles et de construire les rapports de forces qui réussiront à assujettir la finance du 21ème siècle à ce qui doit lui être supérieur : l'intérêt général, le bien de la société, le pouvoir démocratique.

 

 

II.- Guerre des monnaies, guerre des changes

 

Quelques mots, maintenant, de la « guerre des changes » qui a mis aux prises à Séoul les présidents américain et chinois mais aussi les autres membres du G20 car les décisions monétaires prises à Washington ou à Pékin ont des répercussions directes dans chacun de nos pays, chacune de nos entreprises et sur chacun de nos citoyens.

 

On pourrait n'y voir que le énième épisode de ce bras de fer engagé pour que la Chine accepte d'apprécier le yuan dont la sous-évaluation assure à ses exportations un surcroît de compétitivité. Au prix, disent les Américains, d'une concurrence déloyale.

 

On pourrait se dire que cet équilibre asymétrique et précaire entre la Chine, désormais premier exportateur mondial, et les Etats-Unis, qui viennent de déclarer 44 milliards de dollars de déficit commercial, peut bien durer encore, l'hyper-épargne de l'un finançant l'hyper-consommation de l'autre.

 

Ce n'est pas comme cela que les socialistes doivent voir les choses.

 

Le choix de la Réserve fédérale américaine a fait, au G20 de Séoul, l'objet de très vives critiques, en particulier des pays « émergents », Brésil en tête. Dilma Rousseff a parlé de « protectionnisme camouflé ». D'autres de fonctionnement égoïste de la planche à billets, de dévaluation honteuse, de risque inflationniste.

Le Premier Ministre japonais a évoqué le spectre de ces dévaluations en chaîne qui, dans les années 30, conduisirent à la Grande Dépression. Pour évoquer l'ambiance, un diplomate coréen a confié que, quand les participants au Sommet ont évoqué la question des monnaies, l'atmosphère était à ce point tendue et étouffante qu'il a fallu ouvrir la porte pour respirer un peu.

 

Dans la situation économique, sociale et politique qui est celle d'Obama, avec un chômage massif et guère de marge de manoeuvre, après les élections de mi-mandat, pour stimuler l'économie, le recours à l'arme monétaire a ses raisons. Bien sûr, cela entraîne, pour les autres monnaies, un renchérissement subi. Il y a surtout, pour les pays émergents à forte croissance, cet afflux dangereux de capitaux spéculatifs contre lesquels le Brésil a très vite relevé sa taxe à l'entrée. La décision unilatérale des Etats-Unis a été mal reçue, c'est parfaitement compréhensible. La méthode a été perçue comme brutale, c'est sûr. Elle transgresse l'orthodoxie dont Mme Merkel est la gardienne pointilleuse. Elle met surtout en danger les pays les plus pauvres, notamment africains.

 

La Chine d'aujourd'hui n'est plus celle qui ne comptait que sur ses exportations pour tirer sa croissance. Ses productions montent en gamme. Ses chercheurs et ses ingénieurs sont légion. Elle est de plus en plus présente dans les technologies les plus pointues. Elle investit dans le monde entier. Le président chinois est parfaitement conscient de la transition dans laquelle est engagé son pays. Mais il dit vouloir en maîtriser les modalités et les rythmes. Car il est, lui aussi, confronté à un fort chômage et l'économie chinoise doit absorber chaque année 22 millions de personnes de plus qui arrivent sur le marché du travail. Il ne veut pas de difficultés sociales qui risquent de fragiliser le pouvoir. Mais il sait qu'un jour ou l'autre, il faudra réévaluer le yuan.

 

Donc le monde bouge.

 

La crise financière a fait imploser le modèle de consommation américain.

Le modèle chinois de développement a amorcé sa mutation.

Les bases sur lesquelles fut jadis consacrée l'hégémonie du dollar ont changé. Or toute monnaie est aussi l'expression d'un rapport de forces.

Peut-être le cycle ouvert après l'explosion du système de Bretton Woods, en 1971, est-il, lui aussi, arrivé à son terme. Ce fut, à l'époque, le triomphe des thèses des monétaristes de l'école de Chicago contre celles de Keynes.

 

Mais les socialistes le disent : ce n'est pas du côté des défenseurs de la dérégulation que le monde d'aujourd'hui trouvera son équilibre et l'ordre monétaire juste qui lui fait défaut. Nos propositions consistent à dire, comme l'a fait tout à l'heure Martine Aubry, que la crise monétaire ne trouvera de solution globale et durable que dans un cadre plus vaste où pourrait être examinée sans tabou la question d'une alternative au dollar comme monnaie de réserve. Un panier de monnaies incluant le yuan supposerait qu'il soit convertible, ce qui entraînerait sa réévaluation. Le sujet est déjà sur la table et il faut l'accélérer.

 

Nous devons peser pour qu'il y ait un dialogue plus constructif entre les Etats-Unis et la Chine. Sinon la discussion restera bloquée et nous n'avons pas à accepter que ce conflit mette en danger tout le reste du monde. Vous connaissez aussi mon attachement au dialogue entre l'Europe et l'Afrique. C’est pourquoi nous devons agir ensemble.

 

Il ne serait bon pour personne que le « chacun pour soi » l'emporte dans un monde où l'interdépendance est désormais la règle. Le communiqué final du G20 réitère sa mise en garde coutumière contre la tentation protectionniste. Mais on fait dire à ce mot beaucoup de choses différentes, des protections les plus légitimes aux fermetures les plus désastreuses.

 

Ce qui est sûr, c'est que nos pays ont besoin d'échanges plus équilibrés, de stabilité monétaire et d'une plus juste répartition des richesses, notamment par la taxation des transactions financières, souvent énoncée, jamais réalisée. Nos pays ont besoin d'une lutte acharnée contre la pauvreté et pour la protection de l'environnement, avec la réussite de Cancun après l'échec de Copenhague.

 

Le communiqué commun que nous rédigerons demain doit peser, concrètement, sur la réforme de la gouvernance mondiale et sur les décisions qui doivent sortir du G20. Les peuples et les citoyens auxquels nous parlons comptent sur nous. Nous ne les décevrons pas.

 

"

 

 

 

 

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