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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 23:40

 

Royal : «Si les socialistes se divisent, ce sera la fin du PS» 

Ségolène Royal dans son bureau de Désir d'Avenir, le 7 octobre à Paris .
Ségolène Royal dans son bureau de Désir d'Avenir, le 7 octobre à Paris .

INTERVIEW - L'ex-candidate à l'Élysée insiste sur sa volonté d'union. 

LE FIGARO. - Jugez-vous suffisante la proposition du gouvernement concernant les retraites des mères de famille de trois enfants ?

Ségolène ROYAL. - Non. C'est l'ensemble des injustices qu'il faut corriger. Pourquoi se limiter aux mères de trois enfants ? La taille la plus répandue des familles, c'est un ou deux enfants. Il faut une autre réforme. Faire contribuer les revenus du patrimoine, intégrer la pénibilité. En couplant report de l'âge légal et allongement de la durée de cotisation, le gouvernement impose le recul le plus dur d'Europe. Leur réforme, c'est une taxe sur le travail puisqu'il va falloir travailler plus pour gagner moins.

Mais le FMI valide cette réforme…

Ce n'est pas si simple. Le FMI dit préférer le recul d'âge à la baisse des pensions. Avec cette réforme, on a les deux. Il ne dit pas qu'il faut cumuler le recul de l'âge et l'allongement de la durée de cotisation. Enfin, on attend du FMI qu'il soit aussi dur avec le capital qu'avec le travail. Certes, il a besoin de signaux sur la bonne gestion des fonds publics et sur la lutte contre la dette. Il a raison. La dette française a doublé en cinq ans. Mais le modèle de société, c'est aux Français de le choisir. D'où l'importance du débat démocratique.

Considérez-vous que Nicolas Sarkozy a reculé face aux menaces de grève ?

La réponse n'est pas à la hauteur de la tension sociale. Cette provocation est volontaire pour pouvoir plaider «le courage». Mais là, on atteint un seuil qu'il n'avait pas prévu ! À cette stratégie de tension, j'oppose une volonté de confiance. À cette peur du lendemain, une action de redressement. À la France disloquée, je préfère la France unie.

Le Parlement ne serait pas légitime pour mener le débat ?

Mais si. Et je pense même qu'un bon débat pourrait faire émerger un consensus car quand on explique bien, cette réforme n'est pas tenable. La Sécurité sociale n'est pas la propriété de l'UMP, c'est un acquis de la Résistance, c'est un patrimoine commun. Mais pour la première fois on a l'impression que la roue de l'histoire tourne à l'envers. C'est idéologique : la retraite à 60 ans et à 65 ans est tellement symbolique des acquis de la gauche et du mitterrandisme qu'il faudrait la détruire

 

Un référendum sur la réforme des retraites

 

Soutenez-vous les appels à la grève reconductible ?

C'est la responsabilité des organisations syndicales. Nous sommes plusieurs à demander un référendum sur cette réforme. Et je crois que, vu l'impasse, les syndicats, en complément à leur action, pourraient appeler avec les partis de gauche au recueil, mardi prochain, des quatre millions de signatures qui obligeraient le pouvoir à consulter le peuple français. Ce serait une formidable mutation démocratique.

 

«Les syndicats pourraient appeler avec les partis de gauche au recueil, mardi prochain, des quatre millions de signatures qui obligeraient le pouvoir à consulter le peuple français».
«Les syndicats pourraient appeler avec les partis de gauche au recueil, mardi prochain, des quatre millions de signatures qui obligeraient le pouvoir à consulter le peuple français».

 

Les autres partis de gauche défendent la retraite à taux plein à 60 ans. Le PS accepte l'allongement de la durée de cotisation…

Il ne faut pas être sur une position totalement immobile, les Français ne le comprendraient pas. Et nous refusons l'allongement à 67 ans car le chômage des jeunes va exploser. Enfin, nous faisons cotiser les revenus du capital. Tout se tient.

À propos de la menace terroriste, vous aviez dénoncé une mise en scène de la part du gouvernement. Maintenez-vous ces critiques ?

Bien sûr. D'ailleurs, j'observe que le gouvernement et notamment le ministre de l'Intérieur sont beaucoup plus prudents dans leur communication. Il n'y a plus de mise en scène type visite sous la tour Eiffel avec les caméras pour annoncer des risques terroristes !

Vous ne croyez pas en une menace plus forte ?

Je ne vais pas faire le contraire de ce que je viens de dire, en parlant plus qu'il ne le faut. Je dis qu'il ne faut pas de «dissonance cognitive». Lorsque la menace terroriste est à un pic, on applique le dispositif Vigipirate écarlate. A-t-il été lancé ? Non. Il y a même mieux : quelques jours après cette annonce, il y a eu les Journées du patrimoine avec 12 millions de personnes se rendant dans les lieux les plus fréquentés du pays, y compris à l'Élysée. Il faut être sérieux. J'observe d'ailleurs que François Fillon ne s'est pas laissé aller à la surenchère.

 

«Atteinte à l'unité européenne»

 

Dans sa gestion du dossier des Roms, Nicolas Sarkozy a-t-il «abîmé» l'image de la France ?

Pas seulement lorsqu'il parle des Roms. C'est un comportement global sur bien d'autres sujets. C'est une arrogance qui n'est plus de mise. Il invente des affirmations d'Angela Merkel qu'elle est obligée de démentir. Cela porte atteinte à l'unité européenne. Toujours la provocation et l'affrontement. Quand on lit la presse internationale, on se dit que la France et les Français méritent beaucoup mieux et il est urgent de rendre à la France le rang qu'elle n'aurait jamais dû perdre. Par ailleurs, l'instrumentalisation des populations immigrées a un effet boomerang. Il ne faut pas croire que les dégâts se cantonnent au champ diplomatique. C'est aussi une atteinte vitale portée à nos entreprises qui se battent pour conquérir des marchés dans les pays émergents.

Vous participez aujourd'hui à une convention du PS. C'est la première fois depuis Reims. Le PS a-t-il changé ?

Oui, car la gravité de la situation et les attentes très fortes des Français nous poussent à être responsables et à repousser les vieux démons de la division. Je ferai tout pour que ce bon état d'esprit dure. C'est la condition de la victoire en 2012, on le sait très bien.

Faut-il changer le calendrier des primaires ?

Il est fixé donc c'est compliqué de le changer. Mais c'est vrai que les choses s'accélèrent : la situation économique et sociale ainsi que la crédibilité du président s'effondrent. Il règne une pagaille indigne au gouvernement soumis au supplice de la goutte d'eau du remaniement et la guerre fait rage à l'UMP tandis qu'une centaine de députés de droite viennent de demander l'abolition du privilège du bouclier fiscal, symbole majeur du sarkozysme ! On comprend l'impatience des Français pour que tout cela cesse et qu'une autre politique, efficace et juste soit conduite. C'est à cela que nous nous préparons.

Pour Laurent Fabius, deux socialistes auraient la carrure de président, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn…

Évitons les petites phrases qui ont un air de déjà entendu. Ce sont les électeurs des primaires qui diront librement et honnêtement leur vérité. Si jamais les socialistes se divisent à nouveau ou rentrent dans des guerres d'appareil, ils perdront. Et jamais les Français ne leur pardonneront. Ce sera la fin de ce mouvement politique. C'est pour ça que nous mettons, avec Martine, autant d'énergie dans l'union.

Pensez-vous que le PS puisse se rassembler derrière vous ?

Ce sont tous les Français qui le veulent qui viendront voter. Puis tout le PS se rassemblera derrière celui ou celle qui sera choisi. Je n'ai aucun doute là-dessus.

Avez-vous parlé avec DSK ?

Pas en direct car il est à juste titre très respectueux de ses obligations. Mais il est évident que son avis compte.

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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 08:10

Semorand 1

Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans l'émission C Politique dimanche dernier à 17h40 sur France 5. Plusieurs thèmes ont été abordés ; vous trouverez ci-dessous le texte du cinquième et du sixième thème (pour celui des deux premiers cliquez  ici, les deux suivants ici) : la réforme fiscale autour de trois axes - une égale imposition du travail et des revenus du capital, la transparence, et une clarification (fusion en un seul impôt progressif) - d'une part, et des mesures pour les médias contre la « confusion des places, des genres et des intérêts » d'autre part.

F.M.

 

Nicolas Demorand : on dit de plus en plus, Ségolène Royal, que le bouclier fiscal pourrait disparaître, en même temps que l’impôt sur la fortune, dans le cadre d’une remise à plat généralisée de ce secteur-là très précis donc des plus hauts revenus. L’opposition va être entendue, ça y est alors ?

Ségolène Royal : écoutez, ils auraient peut-être pu commencer par là, au gouvernement. Je n’ai pas entendu, moi, que le bouclier fiscal allait être …

Nicolas Demorand : il est critiqué maintenant relativement ouvertement, y compris par Christine Lagarde. Ce n’est plus un tabou, hein.

Ségolène Royal : oui, mais entre … d’accord… c’est curieux parce que si Christine Lagarde critique le bouclier fiscal, elle a l’occasion, là, au cours du débat parlementaire, de le supprimer. Et d’ailleurs on voit bien que les niches fiscales sont rabotées, comme c’était dit d’ailleurs, rigueur, pas rigueur, c’est assez drôle, ces contorsions.

Nicolas Demorand : eh bien, quand on voit ce qui se passe en Espagne, au Portugal, dans d’autres pays d’Europe, en Grèce n’en parlons pas, ce n’est pas la rigueur en France, hein ?

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Ségolène Royal : "La principale niche fiscale, c’est quand même le bouclier fiscal, pourquoi celle-ci n’est pas remise en cause ? Qu’est-ce que c’est que cette obstination à maintenir cela ?"

Ségolène Royal : si, c’est quand même la rigueur. Le problème, le problème c’est que cette rigueur pèse sur qui ? [« Alors dites-nous. », interrompt Nicolas Demorand] C’est toujours la même chose. Elle pèse sur les particuliers, pas sur les entreprises. Elle pèse sur les plus modestes, et pas sur les plus riches. La principale niche fiscale, c’est quand même le bouclier fiscal, pourquoi celle-ci n’est pas remise en cause ? Qu’est-ce que c’est que cette obstination à maintenir cela ? Et les niches fiscales, qui sont en effet des recettes, ou des impôts lorsqu’on les supprime, elles ne sont que très peu remises en cause, puisqu’il y a 1% seulement de ces fameuses exonérations fiscales qui sont remises en cause, et certaines d’ailleurs de façon très contreproductives comme la remise en cause des avantages fiscaux sur l’énergie photovoltaïque. L’impôt c’est un outil pour orienter des productions économiques, par exemple, donc remettre en cause un avantage fiscal, dans le domaine de la croissance verte, qui est un des leviers les plus puissants pour créer des activités et des emplois, c’est incohérent, tandis que d’autres avantages ne sont pas touchés. Donc il y a à la fois une incohérence, une timidité, c’est un budget clairement pré-électoral, puisque si, au fond, le gouvernement fait si peu aujourd’hui, c’est parce qu’il a perdu aussi 3 ans au cours desquels les réformes de structure n’ont pas été faites.

 Ségolène Royal : "Donc il y a à la fois une incohérence [1], une timidité [2], c’est un budget clairement pré-électoral [et 3]"

Nicolas Demorand : mais pré-électoral en quoi ? En quoi est-il pré-électoral ?

Ségolène Royal : pré-électoral en quoi ? Parce que, premièrement, sur son électorat à qui il a promis le bouclier fiscal, ce n’est pas maintenant qu’il s’agit de reculer, juste avant une campagne présidentielle donc, alors même, vous l’avez dit, qu’au sein de l’UMP certains contestent quand même le bien-fondé – c’est presque une provocation – de le maintenir.

Nicolas Demorand : il a dit : on ne travaille pas plus de six mois. Le président de la République a dit : on ne travaille pas plus de 6 mois pour l’Etat, bon, voilà, c’est un principe comme un autre. Vous avez cité François Mitterrand [« Vous savez très bien que ça ne tient pas… », essaie d’interrompre Ségolène Royal] tout à l’heure. [« Vous savez très bien … », essaie d’interrompre Ségolène Royal] Vous avez cité François Mitterrand, donc symbole pour symbole, bon ben voilà, c’est un symbole aussi, l’une de ses promesses de campagne

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Ségolène Royal à Nicolas Demorand : "Vous savez très bien que ça ne tient pas, ce raisonnement-là."

Ségolène Royal : vous savez très bien que ça ne tient pas … vous savez très bien… vous savez très bien que ça ne tient pas, ce raisonnement-là. Ce n’est pas 6 mois, puisque regardez, pour prendre un exemple au hasard, l’imposition de Liliane Bettencourt, ce n’est que de 20% avec le bouclier fiscal. Donc c’est une propagande qui ne correspond pas à la réalité des choses. On a beaucoup entendu cet argument comme quoi il ne fallait pas confisquer plus de la moitié d’un revenu, mais c’est inexact. Justement avec l’ensemble des niches fiscales, des exonérations de toutes sortes, le maximum d’imposition n’atteint que 20%. Et donc quand on ne remet pas en cause les avantages fiscaux des plus fortunés dans un pays où la dette publique a doublé depuis 5 ans, et il est maintenant intolérable de faire peser sur les générations futures le train de vie actuel de la société, ça n’est pas durable.

Nicolas Demorand : vous pensez qu’en 2012 il faudra promettre la remise à plat de la fiscalité en France comme un certain nombre de socialistes semblent le dire aujourd’hui, François Hollande par exemple, il faudra réécrire tout de A à Z, enlever les niches, les boucliers, les uns, les autres, tout le bric-à-brac fiscal français pour essayer d’avoir des règles claires et réécrites ?

Ségolène Royal : oui, d’ailleurs nous l’avions dit dans la campagne présidentielle de 2007. Le système fiscal, comme l’on clarifié des pays comme la Suède, repose sur 3 idées simples, hein : d’abord à revenu égal, impôt égal, que ce soient les revenus du capital ou les revenus du travail, il faut que l’imposition soit la même. Or aujourd’hui le travail est bien plus taxé que le capital. Ensuite il faut que chaque Français sache exactement ce qu’il paye et à quel taux il est imposé. L’exemple que nous venons de voir prouve, sinon, qu’il y a des désinformation, et que les Français ont bien le sentiment, ils voient bien que quand il y a des revenus moyens ou modestes, ou même les cadres supérieurs, sont très durement touchés par l’impôt et que les grandes fortunes, parce qu’il y a des niches fiscales, y échappent. Donc que chaque Français sache à tout moment, comme c’est le cas dans les pays du Nord de l’Europe, ce qu’ils payent : impôt sur le revenu, CSG, etc.  Et enfin la fusion, dans un seul impôt progressif, en effet, ça c’est une proposition que les socialistes font depuis longtemps, avec un prélèvement à la source. Et donc on aurait là une clarification. Il faudra plusieurs années pour faire cela parce que du jour…

Nicolas Demorand : et la suppression de l’impôt sur la fortune vous semble être, dans le cadre de cette remise à plat, un tabou ultime, un legs des années Mitterrand qu’il faut absolument pas toucher, ou le dossier est ouvert, même pour des socialistes ?

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Nicolas Demorand : "Et la suppression de l’impôt sur la fortune, le dossier est ouvert ? Ségolène Royal : "Honnêtement, je ne pense pas que ce soit une priorité."

Ségolène Royal : honnêtement, je ne pense pas que ce soit une priorité. Quand nous aurons fait la réforme fiscale dont je viens de parler avec cette transparence, cette égalité des prélèvements à prélèvements constants, moi je ne suis pas favorable à une hausse d’impôt. Les impôts c’est fait pour payer un certain nombre de dépenses. Donc examinons d’abord l’opportunité des dépenses, faisons des économies sur un certain nombre de dépenses, un euro dépensé, un euro utile, et n’allons pas systématiquement vers une hausse d’impôt. Dans la région que je préside, je n’ai pas augmenté les impôts depuis 6 ans. Ça n’est pas faute d’avoir reçu des pressions de toutes sortes pour augmenter les impôts. Il y a une espèce de logique qui veut qu’il y ait une fuite en avant vers des dépenses nouvelles. Non ! Il n’y a pas de fuite en avant vers des dépenses nouvelles, il doit y avoir des redéploiements, des réexamens de dépenses. Alors c’est plus difficile parce qu’on fait des mécontents, mais en même temps c’est possible. La preuve, c’est que moi j’ai pu à la fois investir dans la croissance verte massivement, sans augmenter les impôts, en remettant en cause, c’est vrai, un certain nombre de dépenses, et en conditionnant surtout les subventions de la région, par exemple aux entreprises, à l’interdiction de délocaliser ou de licencier quand elles font des bénéfices.

Nicolas Demorand : autre question dans l’actualité, qui concerne le débat public au sens large, Le Parisien, le quotidien Le Parisien, qui est sans doute, très certainement à vendre, et qui déclenche pas mal d’intérêt, notamment celui de Serge Dassault, qui est député UMP, propriétaire du Figaro déjà et de Dassault Aviation, [« Voilà, c’est tout. », interjette Ségolène Royal] qui est très intéressé. [« Qui a reçu des commandes récemment, de l’Etat. », ajoute Ségolène Royal] Voilà, des commandes de Rafales, l’avion Rafale [« Eh bien oui. », remarque ironiquement Ségolène]. Quelle est votre lecture de ce dossier-là ?

Ségolène Royal : eh bien vous avez tout dit. Les Français sont intelligents, vous venez de tout dire, je n’ai pas de mot supplémentaire à ajouter dans cette confusion des places, des genres et des intérêts.

Nicolas Demorand : redites le, redites le dans vos termes.

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Nicolas Demorand : "Le Parisien, très certainement à vendre, et qui déclenche pas mal d’intérêt, notamment celui de Serge Dassault [...]" - Ségolène Royal : "Je ne le redirai sans doute pas mieux que vous."

Ségolène Royal : eh bien écoutez, je pense que vous l’avez très bien, je ne le redirai sans doute pas mieux que vous.

Nicolas Demorand : c’est quoi ?

Ségolène Royal : il y a un mélange des… chacun son métier, si vous voulez. Vous voyez, quand on est un groupe industriel qui dépend des commandes de l’Etat, prendre le contrôle en plus de plusieurs journaux, ça pose un problème. C’est vrai qu’il faut une loi anti-concentration.

Nicolas Demorand : il faut une loi ?

Ségolène Royal : bien sûr, ça fait longtemps que nous le disons. Il faut une loi anti-concentration, et puis il faut des règles sur la propriété du capital des outils de médias, bien sûr.

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Ségolène Royal et Arnaud Montebourg

Nicolas Demorand : alors sur le sujet médiatique il y a Arnaud Montebourg du Parti socialiste qui attaque avec une force mais vraiment brutale TF1 en ce moment, reprochant à cette chaîne d’être une chaîne délinquante qui est toujours en contradiction avec son cahier des charges. Est-ce que vous soutenez Arnaud Montebourg ? dans cette charge contre TF1 ?

Ségolène Royal : je n’utiliserais peut-être pas le même vocabulaire, et je ne sais pas quels éléments il a en sa possession pour dire cela, c’est…

Nicolas Demorand : vision du monde, types des programmes diffusés, violence d’un certain nombre de ces programmes, abaissement donc du niveau moral de ce qui est proposé à la télévision, voilà en gros ce que critique Arnaud Montebourg. Vous aussi, vous avez pu critiquer à un certain moment cette chaîne. Là, est-ce  que ç vous semble excessif ou pas ? Je vous sens très prudente tout à coup.

Ségolène Royal : ce qu’on peut dire, c’est qu’il y a des comités d’éthique, normalement, dans les chaînes, qui ne fonctionnent pas vraiment, dans lesquels les téléspectateurs ne sont pas représentés. Et c’est vrai que quand on voit une chaîne, dont le propriétaire est ami du pouvoir en place, qu’on voit le président de la République nommer le président de France 2, c’est quand même assez lourd à porter, je trouve, dans une démocratie. Qu’est-ce que ce seraient, les contrepouvoirs ? Ce ne serait pas que l’opposition remplace la majorité dans le contrôle des médias, même s’il pourrait y avoir un équilibre un peu plus clairvoyant.

Nicolas Demorand : si vous arrivez au pouvoir en 2012, vous reviendrez sur le mode de nomination dans l’audiovisuel public ?

Ségolène Royal : honnêtement, je trouve que ça pose un problème. Dans aucun autre pays européen vous ne voyez ça, le président d’une chaîne publique désigné par le président de la République. Donc je crois qu’il faut des garanties d’indépendance aux équipes de rédaction. [« Type BBC. », remarque Nicolas Demorand] Oui, type BBC, et surtout je pense que ce qu’on peut imaginer, c’est peut-être la parole donnée aux téléspectateurs. Justement dans d’autres pays européens, dans les comités d’éthique, dans les comités d’usagers, les téléspectateurs sont représentés. Donc toutes les questions relatives aux problèmes de violence, aux problèmes de qualité des programmes, à la question en effet du traitement de l’information, pourquoi est-ce que ça ne serait pas débattu ? Pourquoi est-ce qu’il y aurait un tabou ? Pourquoi est-ce qu’il y aurait un pouvoir journalistique d’un côté, un pouvoir politique de l’autre ? Avec les pressions de l’un sur les autres et puis d’un autre côté les téléspectateurs qui n’auraient le droit de rien dire ? Donc je pense que dans ce domaine il y a des…

Nicolas Demorand : ils peuvent zapper, hein.

Ségo Sarko FIN 2

Ségolène Royal : "Avec les pressions de l’un sur les autres et puis d’un autre côté les téléspectateurs qui n’auraient le droit de rien dire ? [...] Ils peuvent zapper, voilà. Ou aller sur Internet. (Rires)"

Ségolène Royal : ils peuvent zapper, voilà. Ou aller sur Internet. (Rires)

Nicolas Demorand : ce qui est radical, hein, pour le coup. Là ce n’est plus le comité d’éthique, c’est le Comité de salut public, hein.

Ségolène Royal : exactement.

Nicolas Demorand : c’est la guillotine, hein.

Ségolène Royal : honnêtement, je crois qu’il y a quelque chose de plus moderne à organiser, et de plus démocratique.

 

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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 22:46

Chers amis, chères amies,

 


 

Vous trouverez ci-dessous une tribune de Ségolène Royal publiée par Libération aujourd'hui concernant le projet du gouvernement sur la réforme des retraites, les questions qu'il suscite et les raisons de s'y opposer.

 

 

 

Amicalement,

 

 

 

 

L'équipe de Ségolène Royal


 

 


 

Retraites: Il faut se battre pour un référendum


 


 

Depuis plusieurs mois, le gouvernement explique aux Français qu’il est important et urgent de remettre en cause le système de retraites, particulièrement la liberté de partir à la retraite à 60 ans pour les carrières complètes et à 65 ans pour ceux qui n’ont pas tous leurs trimestres de cotisations.

Un sujet aussi essentiel pour la vie des Français mérite une clarification pour dissiper le brouillard des contre-vérités gouvernementales et poser les véritables enjeux de cette réforme .

Voici donc 10 réponses aux questions que les Français se posent.

 

 

 

 


 


 

1) Pourquoi faut-il se battre pour un référendum?

 

La retraite est le patrimoine commun de tous les Français. Ce serait un vrai progrès démocratique qu'ils puissent se prononcer sur un enjeu de société aussi important. La réforme des retraites ne doit pas se faire contre le peuple mais avec lui.

 


 

2) Y a-t-il un problème d’équilibre financier des régimes de retraites ?

 

Oui. Grâce à l’allongement de l’espérance de vie et à l’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomer, le nombre de retraités, d’un peu plus de 15 millions en 2010, passera à 23 millions en 2050 alors que le nombre de cotisants connaîtra sur la même période une quasi-stagnation. D’autres facteurs jouent un rôle dans le déséquilibre du financement des retraites : le sous-emploi des jeunes et des seniors, la diminution de la part des salaires (et donc de l’assiette des cotisations retraites) dans la richesse nationale au profit du capital, et la faiblesse de la croissance économique.

 

Ce constat et la nécessité qui l’accompagne d’une réforme du financement des régimes de retraites, ne sont niés par personne et certainement pas, comme le gouvernement voudrait le faire croire, par la gauche et les organisations syndicales. Ce qui est contesté c’est la brutalité de la réforme, sa profonde injustice, l’affirmation qu’une seule réforme est possible, son urgence décrétée pour satisfaire les agences de notation et les amis financiers du pouvoir et prétendre ainsi avoir fait preuve de courage.

 


 

3) Pourquoi la réforme du gouvernement est injuste ?

 

Parce qu’elle pèse quasi-exclusivement sur les salariés. Reporter pour ceux qui ont le nombre de trimestres requis l'âge d’ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans et reporter à 67 ans l'âge auquel on peut prétendre à une retraite à taux plein (c'est-à-dire sans pénalités si on n'a pas tous ses trimestres de cotisations), c'est taxer les salariés, en obligeant à travailler et à cotiser encore ceux qui ont déjà le nombre d’annuités nécessaires, et préserver les revenus du capital qui doivent pourtant leur existence et leur accroissement au travail des salariés. Il s’agit donc d’une taxe sur le travail créée par ceux qui prétendaient défendre la valeur travail.

 

La deuxième grande injustice est celle infligée aux femmes.Elles subissent déjà, durant leur carrière professionnelle, une inégalité salariale totalement inacceptable et qui se perpétue dans les niveaux de pension de retraites (38% d'écart entre les retraites des femmes et celles des hommes). Le report à 67 ans de l'âge pour obtenir la retraite à taux plein va aggraver leur situation puisqu'elles ont des carrières incomplètes qui rend difficile l'obtention du nombre suffisant de trimestres de cotisations .Je rappelle que Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne , avait promis l’égalité salariale hommes-femmes à l’horizon 2010.

 


 

4 ) Cette réforme est-elle efficace ?

 

Non. Elle est non seulement injuste mais elle est inefficace.

Comme l'a souligné à plusieurs reprises la présidente de la caisse nationale d'assurance vieillesse, la question du financement n’est pas réglée : dès 2013-2014, il manquera 4 milliards d'euros pour équilibrer le système.

 


 

5) Cette réforme améliorera t-elle l’emploi des jeunes et des séniors ?

 

Non . Le chomage des jeunes (près d'un quart d'entre eux à la recherche d'un emploi) et des seniors (+ 30% de chômeurs âgés en deux ans) va être aggravé par la réforme . Qui nous fera croire que des entreprise qui trouvent aujourd'hui leurs salariés trop âgés à partir de 55 ans vont les garder demain jusqu'à 62 ans ?

 

 


 

6) La question de la pénibilité est-elle prise en compte par cette réforme ?

 

Non. Le gouvernement confond volontairement incapacité (c'est-à-dire invalidité), et pénibilité des tâches. Alors que l'ordre juste voudrait qu'on reconnaisse que des métiers sont pénibles parce que des salariés sont exposés à des produits dangereux, au travail de nuit ou à des horaires décalés et à des travaux de force, le gouvernement se contente d'octroyer une retraité anticipée aux travailleurs touchés par une incapacité de travail reconnue avant le départ en retraite. Or, tous les médecins du travail savent que de nombreuses maladies (le cancer de la plèvre lié à l'exposition à l'amiante, le cancer du larynx dû à l'exposition à des produits phyto-sanitaires dangereux, par exemple) se déclarent longtemps après la fin de l'exposition au risque, donc après la cessation d’activité professionnelle.

 


 

7) La France fait elle comme ses voisins européens ?

 

Non. La plupart des pays européens ont utilisé des mesures d'âge pour revenir à l'équilibre financier. Mais ils ont soit reculé l'âge légal de départ à la retraite, soit allongé la durée de cotisations. Le gouvernement français, lui a choisi d'utiliser les deux leviers : si la réforme est adoptée nous aurons le système le plus dur d'Europe, le moins négocié avec les partenaires sociaux et le plus brutal dans la rapidité de sa mise en oeuvre.

 

 


 

8) Qui va profiter de la réforme ?

 

Certainement pas les salariés qui vont être lourdement taxés. Tout le monde a pu constater que le MEDEF est étrangement silencieux dans cette affaire : tout simplement parce que cette réforme est sa réforme. Derrière cette réforme, se cachent les banques, les fonds de pension, les assurances, tous les financiers proches ou membres du premier cercle du pouvoir qui voient déjà le pactole que représentent les futurs retraités inquiets pour leur avenir et tentés de se tourner vers les complémentaires retraites privées. Il va sans dire que les salariés les plus modestes devront se contenter de leur régime de base.

 


 

9) Une autre réforme est-elle possible ?

 

Oui Je refuse cette fatalité qui voudrait que les femmes, les ouvriers, les employés, les travailleurs qui ont commencé à travailler tôt, soient si durement frappés. C'est pourquoi les socialistes, j'en prends de nouveau l'engagement, rétabliront la liberté de partir à la retraite à 60 ans et à 65 ans pour ceux qui le souhaitent. Les efforts doivent être partagés et nous acceptons donc le principe d'un allongement de la durée de cotisations jusqu'à 41,5 années. Mais la contre-partie, c'est la mise à contribution des revenus tirés du capital . La seule niche dite Copé qui exonère d'impôt sur les plus-values les sociétés (souvent du CAC 40) qui vendent leurs filiales a coûté en trois ans 22 milliards d'euros à l'Etat pour le seul bénéfice des actionnaires.

La réforme du gouvernement néglige aussi le volontarisme dans l’action politique : notre pays a une situation démographique plus favorable que celles des autres pays européens et nous pouvons encore la conforter.


 

 

10 )La réforme du gouvernement est-elle une fatalité ?

 

Non. La mobilisation sociale doit continuer et s'amplifie, et le combat parlementaire se poursuivre

Ce temps de la contestation sociale est aussi le temps de la pédagogie. L'opposition qui est appelée à nouveau à gouverner doit donner un débouché politique à cette contestation en même temps qu'une espérance, et expliquer aux Français pourquoi nous rétablirons, en 2012, la liberté de partir à la retraite à 60 ans. Ce n’est pas une utopie. C’est cette alliance de la justice et du réalisme économique qui guidera notre action. Nous sommes déterminés.


 


Ségolène Royal

 

Par Désirsdavenirparis-8-9.over-blog.com
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 20:59

A la une

  • Ségolène Royal était l'invitée de Europe 1 matin

     

     

    Ségolène Royal a assuré sur Europe 1 que "les directions d'établissements doivent vérifier à quoi vont servir les week-ends d'intégration". Elle estime qu'en validant la liste des élèves pour ces sorties, il y a une "complicité" des écoles au bizutage.

  • "Il est évident qu'il faut maintenant un juge d'instruction pour qu'il y ait une véritable enquête", a déclaré Mme Royal sur Europe 1. "Cette résistance du pouvoir en place", qui empêche "la liberté et l'indépendance de la justice, est très choquante", a ajouté l'ex-candidate à la présidentielle

  • "Je ne laisserai pas porter atteinte à cette union que nous avons reconstruite", a t'elle souligné après les propos du député Claude Bartolone qui avait évoqué "une entente" entre Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry pour 2012.

  • "la violence n'a pas sa place dans l'enseignement supérieur" après l'annonce du viol d'une jeune fille lors d'un week-end d'intégration à Grasse (Alpes-Maritimes)...

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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 06:57
  • VIDEO - DA - Reportage de France 3 Poitou Charentes - Ségolène Royal et Edgar Morin un tandem atypique

     

     

  • VIDEO - DA - Université d'été "Changer de voie au-delà du développement"

     

     

    La Présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, aux cotés d'Edgar Morin lors de l'ouverture des universités d'été sur les politiques de civilisation : "changer de voie au-delà du développement" le 27 septembre 2010 à Poitiers

  • Ségolène Royal et Edgar Morin lancent l'Université des politiques de civilisations

  • Edgar Morin et Ségolène Royal ont lancé à Poitiers les  travaux de l'Université des politiques de civilisations qui aura lieu du 27 au 30 septembre, à l'Espace Mendes France à Poitiers.

    L’Université internationale proposera comme thème de discussion « Changer de voie » en relevant cinq défis :

    - Défi politique, pour une politique de l’humanité ;

    - Défi éthique, relations éthique/ politique ;

    - Défi écologique : eau, biodiversité ;

    - Défi de la pensée : penser autrement, pensées d’ailleurs;

    - Défi de la connaissance, de la complexité.

    Des forums sur chacun des cinq défis sont ouverts sur le site de Désirs d’avenir

     

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